Comment trouver ses coordonnées GPS, en mer comme avant de partir ?
Plusieurs méthodes permettent d'obtenir une position précise une fois à bord :
- Sur smartphone : ouvrir Google Maps ou Plans, appuyer longuement sur le point bleu (sa position), les coordonnées s'affichent en bas de l'écran au format degrés décimaux.
- Sur un GPS de plaisance ou un traceur de cartes (Garmin, Raymarine, Navionics) : la position du bateau apparaît en continu, généralement en degrés/minutes décimales, le format le plus utilisé en navigation.
- Via une VHF équipée d'un GPS intégré : de plus en plus de VHF fixes affichent directement la position, ce qui évite toute erreur de recopie en cas d'urgence.
- Avec une montre connectée ou une balise AIS/SART : utile pour les activités annexes (paddle, kayak, plongée) où le smartphone n'est pas toujours à portée de main.
Sur l'eau, mieux vaut toujours croiser deux sources (smartphone et traceur du bord, par exemple) : un écran qui plante ou une batterie à plat ne doivent jamais laisser sans aucune information de position. Un carnet de bord papier, avec quelques positions notées à la main aux heures clés de la sortie, reste la meilleure parade en cas de panne électronique complète.
Avant même de larguer les amarres, il est souvent utile de relever à l'avance les coordonnées d'un mouillage, d'un port ou d'un spot de pêche plutôt que de les chercher une fois sur zone. Trois sources se complètent utilement pour cela : les cartes officielles du SHOM, qui donnent des positions fiables pour les chenaux d'accès et les zones de mouillage autorisées; les guides nautiques papier, souvent plus précis que les applications sur les hauts fonds et les corps-morts; et les retours d'expérience d'autres plaisanciers, échangés sur les forums ou les applications communautaires. C'est particulièrement utile pour préparer une session de pêche : ceux qui envisagent d'acquérir une barque de pêche d'occasion ont tout intérêt à enregistrer à l'avance quelques coordonnées GPS de spots connus, sous forme de liste de waypoints, afin de gagner du temps dès la première sortie.
Comment convertir des coordonnées GPS entre degrés décimaux et degrés minutes secondes ?
Les coordonnées GPS existent principalement sous trois formats, et confondre l'un avec l'autre est l'erreur la plus fréquente lorsqu'on saisit une position sur un traceur :
- DD (degrés décimaux) : format le plus court, utilisé par défaut sur smartphone. Exemple : 48,8566, 2,3522 (Paris).
- DMS (degrés, minutes, secondes) : format traditionnel des cartes marines papier. Le même point s'écrit 48°51'24" N, 2°21'08" E.
- DMM (degrés, minutes décimales) : format hybride très utilisé en plaisance, à mi-chemin entre les deux précédents (48°51,4' N).
La conversion se fait avec une règle simple : on divise les minutes par 60 et les secondes par 3600, puis on additionne ces valeurs aux degrés. Ainsi, 48°51'24" devient 48 + (51/60) + (24/3600), soit 48,8566° en degrés décimaux. Dans l'autre sens, la partie décimale (0,8566) est multipliée par 60 pour retrouver les minutes, puis la décimale restante par 60 pour les secondes. En pratique, il n'est pas nécessaire de calculer à la main : de nombreux convertisseurs en ligne gratuits effectuent la bascule DD/DMS/DMM instantanément, ce qui évite toute erreur d'arrondi lors de la préparation d'une navigation.
Quelles applications utiliser pour relever ses coordonnées GPS en mer ?
Pour la navigation de plaisance, quelques outils reviennent systématiquement :
- Navionics : cartographie marine détaillée, affichage instantané des coordonnées d'un point touché sur la carte, alarme de mouillage.
- qtVlm : logiciel de routage gratuit dans sa version de base, avec cartes et suivi GPS du bateau.
- Marine Traffic / On Course : suivi du trafic AIS et de sa propre position en temps réel.
- Google Maps ou Plans hors ligne : utile en complément près des côtes, avec téléchargement de la zone avant de partir pour rester fonctionnel sans réseau.
Ces applications sont particulièrement pratiques pour préparer un mouillage ou une escale : par exemple avant une sortie vers Belle-Île en bateau ou vers l'Île-aux-Moines, il est utile de relever et d'enregistrer à l'avance les coordonnées GPS des points d'accostage ou des zones de mouillage autorisées. La plupart de ces applications permettent aussi de partager une position par SMS ou par lien : pratique pour prévenir un proche à terre du point de mouillage exact, sans avoir à dicter une suite de chiffres au téléphone.
Comment partager sa position GPS en cas d'urgence en mer ?
En situation de détresse, la transmission rapide et exacte des coordonnées GPS peut faire toute la différence. Trois moyens principaux existent :
- La VHF canal 16 : en cas de détresse, il faut annoncer sa position GPS (ou, à défaut, un relèvement et une distance par rapport à un point remarquable connu) directement au CROSS.
- La VHF ASN/DSC avec touche détresse : un appui prolongé sur la touche dédiée transmet automatiquement la position GPS du bateau au CROSS, à condition que la VHF soit reliée à une antenne GPS ou à un traceur.
- Le téléphone portable : composer le 196 (numéro d'urgence en mer) permet aussi de communiquer sa position, mais reste un moyen complémentaire à la VHF, moins fiable en cas de mauvaise couverture réseau au large.
Pour un appel VHF, le message type suit toujours la même structure : trois fois « Mayday », le nom du bateau (trois fois également), puis la position GPS, la nature de la détresse et le nombre de personnes à bord. Annoncer la position avant même de décrire l'avarie permet au CROSS de lancer les secours pendant que l'échange se poursuit. En l'absence totale de GPS, un relèvement peut être estimé à partir de deux amers connus, relevés au compas et reportés sur la carte papier : une compétence de base à ne pas négliger même à l'ère du tout numérique. Dans tous les cas, il est recommandé de connaître le format de coordonnées affiché par son propre matériel (DD, DMS ou DMM) avant de partir en mer, pour ne pas perdre de temps précieux à convertir en pleine urgence.
Quelle précision attendre de ses coordonnées GPS et quelles erreurs éviter ?
La précision d'un récepteur GPS grand public (smartphone ou traceur de plaisance) se situe généralement entre 3 et 10 mètres dans de bonnes conditions de réception. Cette précision peut se dégrader près des côtes rocheuses, sous un pont ou à proximité de grandes structures métalliques, qui perturbent le signal satellite. Autre point de vigilance moins connu : les cartes marines papier les plus anciennes utilisent parfois un système géodésique différent du WGS84 employé par le GPS (comme le NTF pour certaines cartes françaises historiques), ce qui peut introduire un écart de position de plusieurs dizaines de mètres. Les éditions récentes du SHOM sont recalées en WGS84, mais il reste utile de vérifier le système de référence indiqué en marge de la carte avant d'y reporter une position GPS. Quelques erreurs classiques à éviter :
- Confondre latitude et longitude lors de la saisie manuelle sur un traceur : la latitude se donne toujours en premier, suivie de la longitude.
- Mélanger les formats (saisir une valeur DMS dans un champ prévu pour du DD, par exemple), ce qui peut décaler un point de plusieurs kilomètres.
- Oublier l'hémisphère (N/S, E/O) : une simple lettre inversée peut placer un point à l'autre bout du globe.
- Se fier à un seul appareil sans vérification croisée, surtout lors d'une navigation hauturière.



