Réponse rapideUne attaque de requins reste un événement statistiquement rare : les spécialistes recensent en moyenne une centaine de morsures non provoquées par an dans le monde, pour environ 5 à 10 décès selon les années. 65 morsures non provoquées ont été confirmées à l'échelle mondiale, un chiffre proche de la moyenne récente, tandis que l'Australie en comptabilisait à elle seule 21, dont 5 mortelles. Autrement dit : le risque existe, il est très localisé, mais il est largement exagéré par rapport à la réalité des chiffres.

Combien d'attaques de requins recense-t-on chaque année dans le monde ?

Les années et restent des références pour mesurer l'ampleur du phénomène : 98 attaques et 6 décès, puis un record de 124 attaques et 8 décès, dont trois en Australie. Depuis, le nombre annuel d'attaques de requins non provoquées oscille généralement entre 60 et 90 cas dans le monde, avec une mortalité globale inférieure à 10 personnes par an. Ces variations d'une année sur l'autre s'expliquent moins par un changement de comportement des requins que par la fréquentation des zones de baignade, les conditions météo et la qualité du recensement des incidents.

Quelles espèces de requins sont responsables des attaques ?

Sur plus de 500 espèces recensées, seule une trentaine a déjà été impliquée dans un incident avec l'homme, et trois espèces concentrent la quasi-totalité des attaques graves ou mortelles : le requin tigre, le grand requin blanc et le requin bouledogue. À l'inverse, les espèces les plus fréquemment croisées en mer comme le requin baleine ou le requin pèlerin sont totalement inoffensives, car elles se nourrissent exclusivement de plancton. En Méditerranée, l'espèce la plus courante, la roussette, ne présente aucun danger pour les baigneurs.

Où les attaques de requins sont-elles les plus fréquentes ?

Les zones à risque sont bien identifiées et font l'objet d'une surveillance accrue : l'Australie, Hawaï, l'Afrique du Sud, la Floride et La Réunion, longtemps désignée comme l'un des littoraux les plus exposés au monde. Depuis plus de dix ans, une « crise requin » y interdit la baignade et les activités nautiques hors des zones protégées et surveillées par le CROSS, avec des contrôles réguliers du préfet sur le littoral. À l'opposé, les côtes françaises métropolitaines et les eaux méditerranéennes ne présentent quasiment aucun risque : c'est le cas des plages corses comme celle de Piantarella à Bonifacio, où aucune espèce dangereuse n'est signalée. Il en va de même pour les mouillages bretons autour de Belle-Île, très fréquentés en été sans aucun incident recensé.

Les requins sont-ils devenus plus agressifs envers l'homme ?

Non : rien n'indique que les requins soient globalement plus agressifs qu'il y a vingt ans. La hausse ponctuelle du nombre d'incidents dans certaines régions s'explique par plusieurs facteurs cumulés : davantage de nageurs, surfeurs et plongeurs dans l'eau, le réchauffement des océans qui modifie les zones de présence des espèces, les déplacements de leurs proies habituelles, et un meilleur signalement des incidents grâce à Internet et aux bases de données spécialisées. Une attaque de requins reste avant tout une rencontre accidentelle, pas une chasse ciblée : l'humain ne fait pas partie du régime alimentaire naturel de ces prédateurs.

Comment réduire le risque d'attaque de requins avant de nager ou naviguer ?

Quelques règles simples suffisent à limiter considérablement le risque :

  • Renseignez-vous sur les alertes locales et les zones interdites avant tout départ, en particulier dans les destinations tropicales.
  • Évitez de nager à l'aube ou au crépuscule, moments de chasse privilégiés.
  • Ne vous baignez jamais avec une plaie ouverte ou en présence de sang dans l'eau.
  • Restez groupé : un nageur isolé est une cible plus facile qu'un groupe compact.
  • Évitez les eaux troubles, les zones de pêche, les embouchures de rivière et les secteurs où des déchets alimentaires sont jetés.
  • Retirez bijoux brillants et vêtements contrastés, qui peuvent évoquer le reflet écailleux d'un poisson.

Avant de partir naviguer dans un secteur réputé pour sa présence de requins, comme l'océan Indien, mieux vaut vérifier la saison et les conditions locales : notre guide sur la météo aux Seychelles aide à planifier un séjour en connaissance de cause.

Que faire en cas de rencontre ou d'attaque de requin ?

C'est le point le plus souvent oublié dans les guides généralistes, alors qu'il peut faire toute la différence. Si un requin s'approche pendant que vous êtes dans l'eau :

  1. Restez calme et gardez l'animal en vue en pivotant lentement vers lui, sans lui tourner le dos.
  2. Reculez progressivement vers le bord, le bateau ou la plage, sans mouvements brusques ni panique.
  3. Si l'animal se montre insistant, criez sous l'eau et frappez la surface pour tenter de le dissuader.
  4. En cas d'attaque avérée, ripostez en visant les yeux ou les branchies plutôt que le nez, où vous risqueriez de vous blesser sur les dents.
  5. Sortez de l'eau le plus vite possible dès que le requin s'éloigne : il peut revenir tenter une nouvelle approche.
  6. Alertez immédiatement les secours et comprimez la plaie pour limiter l'hémorragie en attendant leur arrivée.

Pour un équipage à bord, transmettre rapidement une position précise aux secours accélère considérablement l'intervention : savoir lire et utiliser ses coordonnées GPS en navigation maritime peut littéralement sauver des vies dans ce type de situation d'urgence.

Quel est le vrai risque comparé aux autres dangers en mer ?

Mise en perspective, une attaque de requins demeure statistiquement l'un des risques les plus faibles de la navigation et de la baignade. La noyade accidentelle, les coups de soleil sévères, l'hypothermie ou les accidents de navigation causent chaque année, et de très loin, davantage de victimes que les morsures de requins réunies. La peur disproportionnée qu'inspirent ces animaux tient surtout à leur image médiatique qu'à une réalité chiffrée : dans la quasi-totalité des zones de navigation de plaisance, du littoral atlantique aux golfes méditerranéens, le risque est proche de zéro.

Pourquoi faut-il aussi protéger les requins ?

Paradoxe rarement souligné : alors que l'humain craint le requin, c'est bien l'inverse qui menace l'équilibre des océans. Environ un tiers des espèces de requins sont aujourd'hui menacées d'extinction, principalement à cause de la surpêche, qui prélève chaque année des dizaines de millions d'individus dans le monde. Or ces prédateurs jouent un rôle écologique essentiel : ils régulent les populations de poissons et maintiennent la santé des écosystèmes marins dont dépend, en partie, la qualité des eaux de baignade et de navigation.

Questions fréquentes

Quelle est la probabilité réelle de subir une attaque de requin ?

Elle est extrêmement faible : avec moins d'une centaine d'incidents non provoqués par an dans le monde pour des milliards de baignades, le risque individuel se compte en dizaines de millions à un.

Les combinaisons anti-requin sont-elles efficaces ?

Certaines combinaisons à motifs contrastés ou intégrant des répulsifs magnétiques réduisent le risque de morsure en perturbant la perception visuelle ou sensorielle du requin, sans toutefois garantir une protection absolue.

Faut-il éviter de porter des bijoux en mer à cause des requins ?

Oui, dans les zones à risque : les bijoux brillants et les vêtements très contrastés peuvent évoquer le reflet écailleux d'un poisson et attirer inutilement l'attention d'un requin.

Que faire si l'on aperçoit un requin sans être attaqué ?

Restez calme, gardez l'animal en vue, reculez lentement vers le bord ou le bateau sans geste brusque, puis quittez l'eau dès que possible sans céder à la panique.

Léa Marin
Léa Marin
Skippeuse & journaliste nautique

Skippeuse diplômée, Léa a convoyé des voiliers de la Méditerranée aux Antilles. Elle décrypte pour Maritima les destinations, les formules de croisière et l'art de bien préparer sa navigation.