Une croisière en voilier en Guadeloupe se joue sur un archipel compact, à parcourir en 7 jours depuis la marina de Bas-du-Fort, du Gosier ou de Saint-François. Les navigations dépassent rarement une vingtaine de milles, presque toujours à l'abri des îles, ce qui en fait l'une des destinations les plus accessibles des Antilles. La boucle classique enchaîne Petite-Terre (réserve naturelle, iguanes et requins-citrons, mouillage sur bouée réservée à l'avance, 20 euros par bateau et par jour plus 2,50 euros par personne), Marie-Galante et ses distilleries, Les Saintes dont la baie de Terre-de-Haut figure au club des plus belles baies du monde, la Désirade puis la côte sous le vent de Basse-Terre. La meilleure saison va de décembre à avril, en plein carême, alizés réguliers et ciel dégagé ; la saison cyclonique court de juin à novembre, avec un pic de risque d'août à octobre. Comptez, en ordre de grandeur 2026, à partir d'environ 2 700 euros la semaine pour un catamaran sans équipage en basse saison, et plutôt 4 000 à 4 500 euros et au-delà en haute saison. Les navigateurs expérimentés peuvent pousser jusqu'à la Dominique, à une vingtaine de milles des Saintes, moyennant les formalités d'entrée dans un pays étranger.
Pourquoi la Guadeloupe est-elle une destination idéale pour une croisière en voilier ?
Parce qu'elle réunit, dans un rayon d'une trentaine de milles, tout ce que l'on vient chercher aux Antilles : des îles très différentes les unes des autres, des mouillages abrités et des étapes courtes. Contrairement à un itinéraire aux Grenadines ou à une descente d'arc antillais, la Guadeloupe ne demande aucune traversée hauturière. Les navigations les plus longues de la boucle classique dépassent tout juste les vingt milles nautiques, soit trois à quatre heures de voile confortable.
L'archipel joue sur sa géographie. Grande-Terre offre ses plages basses et ses marinas ; Basse-Terre dresse son volcan et sa forêt tropicale, et crée une côte sous le vent où la mer se calme d'un coup ; Les Saintes déroulent un décor de baie volcanique cerclée de mornes ; Marie-Galante étale ses champs de canne et ses moulins ; Petite-Terre et la Désirade offrent une nature sèche, presque désertique, à quelques heures de la civilisation.
Le régime des vents complète le tableau. Les alizés d'est à nord-est soufflent avec une régularité rare, ce qui permet de planifier ses bords à l'avance : on gagne d'abord l'est au près, on redescend ensuite en portant, cap sur les Saintes et Basse-Terre. C'est exactement la logique de l'itinéraire proposé plus bas.
Dernier atout, et non des moindres : la Guadeloupe reste un territoire français. Pas de change, pas de formalités douanières à l'intérieur de l'archipel, une couverture téléphonique correcte, des chantiers, des shipchandlers et des avitaillements complets à la marina. Pour une première croisière tropicale, le confort logistique compte autant que la carte marine.
Quelle base de départ choisir : Bas-du-Fort, Le Gosier ou Saint-François ?
La marina de Bas-du-Fort, à Pointe-à-Pitre, concentre l'essentiel des flottes de location et reste le point de départ le plus simple ; Saint-François fait gagner une demi-journée vers Petite-Terre et la Désirade. Le choix de la base conditionne le premier et le dernier jour de croisière, jamais davantage.
Bas-du-Fort, Pointe-à-Pitre : la base de référence
C'est la plus grande marina de l'archipel et le port d'attache de la plupart des loueurs. Vous y trouvez le carburant, l'eau, les douches, la maintenance, les supermarchés pour l'avitaillement et une vie de ponton animée. L'aéroport de Pointe-à-Pitre est à quelques minutes, ce qui simplifie les arrivées tardives. Depuis Bas-du-Fort, on sort du Petit Cul-de-Sac Marin et l'on choisit sa direction en une heure.
Le Gosier : la première nuit facile
À quelques milles de la marina, l'îlet du Gosier et son phare offrent un mouillage de mise en jambes, idéal pour prendre en main le bateau, tester le guindeau, l'annexe et le mouillage sans stress. Beaucoup d'équipages y passent la première nuit après avoir embarqué en fin d'après-midi.
Saint-François : le raccourci vers l'est
Située à la pointe est de Grande-Terre, la marina de Saint-François est la plus proche de Petite-Terre et de la Désirade : une dizaine de milles seulement, contre une vingtaine à vingt-cinq depuis Pointe-à-Pitre. Le port est plus petit, l'entrée s'effectue dans un chenal balisé au milieu des récifs, ce qui impose d'arriver de jour et par bonne visibilité. Un excellent choix si votre itinéraire donne la priorité aux réserves naturelles.
Les bases secondaires
Rivière-Sens, au sud de Basse-Terre, et Deshaies, au nord-ouest, servent surtout d'escales ou de bases pour des flottes plus confidentielles. Deshaies, en particulier, est le sas naturel vers Antigua et Montserrat pour les équipages qui remontent l'arc antillais.
Quel itinéraire suivre en 7 jours dans l'archipel guadeloupéen ?
La boucle la plus efficace consiste à gagner l'est au près dès le deuxième jour (Petite-Terre), puis à redescendre en portant vers Marie-Galante, Les Saintes et la côte sous le vent avant de remonter sur la base. Ce sens de rotation exploite les alizés d'est à nord-est et vous évite de terminer la semaine au louvoyage, moteur en marche et équipage fatigué.
| Jour | Étape | Navigation | À ne pas manquer |
|---|---|---|---|
| J1 | Bas-du-Fort vers l'îlet du Gosier | Environ 5 milles | Prise en main du bateau, briefing, avitaillement, première baignade au phare |
| J2 | Le Gosier vers Petite-Terre | Environ 20 à 25 milles au près (une dizaine depuis Saint-François) | Réserve naturelle, iguanes des Petites Antilles, requins-citrons dans le lagon, phare |
| J3 | Petite-Terre vers Marie-Galante (Saint-Louis ou Anse Canot) | Environ 20 milles au portant | Mouillage sur fond de sable clair, plages désertes, coucher de soleil sur la Basse-Terre |
| J4 | Marie-Galante, journée à terre | Cabotage court vers Folle Anse ou Grand-Bourg | Distilleries, moulins à vent, gruyère de la Gueule Grand Gouffre, rhum et cabris |
| J5 | Marie-Galante vers Les Saintes (Terre-de-Haut) | Environ 20 milles | Entrée dans la baie, mouillage sur bouée sous le Pain de Sucre |
| J6 | Les Saintes, journée d'escale | Sans navigation ou petit saut vers Terre-de-Bas | Fort Napoléon, plage de Pompierre, snorkeling au Pain de Sucre, village de Terre-de-Haut |
| J7 | Les Saintes vers la côte sous le vent puis retour base | Environ 15 à 30 milles selon l'escale | Îlets Pigeon et réserve Cousteau, Malendure, retour au ponton en fin de journée |
Deux variantes fonctionnent aussi bien. Si votre équipage préfère la voile à la plongée, remplacez la journée d'escale des Saintes par une incursion à la Dominique (voir plus loin). Si vous partez de Saint-François, inversez simplement les deux premiers jours : Petite-Terre dès J1 après-midi, La Désirade en J2, puis Marie-Galante.
Un point technique utile : la Rivière Salée relie le Petit et le Grand Cul-de-Sac Marin et permet de rejoindre le nord de l'archipel sans contourner Grande-Terre. Elle impose une ouverture de ponts à horaires fixes, très tôt le matin, un tirant d'air limité et une bonne lecture de la sonde. Réservez-la aux équipages à l'aise, et informez-vous des horaires en vigueur à la capitainerie avant de vous y engager.
Les Saintes : que voir dans l'une des plus belles baies du monde ?
La baie des Saintes, sur la côte nord-ouest de Terre-de-Haut, appartient au club des plus belles baies du monde, souvent citée derrière celles de Rio de Janeiro et d'Ha Long. Elle couvre environ 5,2 kilomètres carrés, bornée au nord-est par la Pointe Coquelet et au sud-ouest par le Pain de Sucre, ce piton volcanique qui sert d'amer à tous les navigateurs de l'archipel.
Arriver aux Saintes à la voile est un moment de croisière en soi : les mornes se referment progressivement, le village apparaît, maisons colorées alignées le long de l'eau, et la flotte au mouillage se découpe sur un bleu presque irréel. La baie est équipée de bouées, les zones de mouillage sont encadrées pour protéger les herbiers et les fonds coralliens : renseignez-vous auprès du gestionnaire local avant de jeter l'ancre au hasard.
À terre, en une journée
- Le Fort Napoléon, perché au-dessus de la baie, pour le panorama et son jardin de cactées.
- La plage de Pompierre, anse en fer à cheval bordée de cocotiers, à vingt minutes de marche du bourg.
- La plage du Pain de Sucre, au pied du rocher, l'un des meilleurs spots de palmes-masque-tuba de l'archipel.
- Anse Crawen, plus confidentielle, atteignable à pied par un sentier côtier.
- Le bourg de Terre-de-Haut, ses tourments d'amour, ses salako et son rythme de village de pêcheurs.
Terre-de-Bas, sa voisine, reste largement ignorée des équipages pressés. Elle mérite pourtant un mouillage à Grande Anse pour une matinée au calme, loin de la foule des navettes.
Marie-Galante et la Désirade : quelles escales pour une croisière lente ?
Marie-Galante est l'île du rhum et des plages désertes ; la Désirade, celle du silence minéral. Les deux offrent des mouillages simples et une Guadeloupe très différente de celle des marinas.
Marie-Galante, l'île aux cent moulins
Surnommée la grande galette pour sa forme circulaire et sa platitude calcaire, Marie-Galante vit encore au rythme de la canne. On y mouille classiquement devant Saint-Louis, à l'Anse Canot ou vers la Pointe de Folle Anse, une plage quasi déserte qui s'étire sur plusieurs kilomètres. Le fond de sable clair tient bien, et le plan d'eau est protégé des alizés par l'île elle-même.
À terre, louez un véhicule ou des vélos pour une journée : les distilleries de l'île produisent des rhums agricoles réputés, les moulins à vent en pierre parsèment les champs, et la côte au vent réserve des curiosités géologiques comme la Gueule Grand Gouffre. C'est l'escale à privilégier si votre équipage aime les rencontres et les marchés autant que le mouillage forain.
La Désirade, la sentinelle de l'est
Longue table calcaire posée face à l'Atlantique, la Désirade impose une navigation plus engagée : elle se trouve au vent, la houle y est plus longue et le mouillage de Beauséjour, devant le bourg, reste exposé par vent de secteur nord. On y va pour la sensation de bout du monde, les cabris en liberté, la réserve géologique et l'absence totale de foule. Vérifiez la météo avant de vous y engager : par houle établie, mieux vaut reporter et filer directement sur Petite-Terre.
Petite-Terre : quelle est la réglementation pour mouiller dans la réserve naturelle ?
Le mouillage sur ancre est interdit à Petite-Terre : vous devez impérativement réserver à l'avance une bouée sur le site officiel des réserves naturelles de La Désirade et Petite-Terre, et payer le droit d'accès. C'est le point qui surprend le plus les équipages, et la première cause de demi-tour à l'arrivée.
Ce que dit le règlement
- Ancre interdite. Seules les bouées installées par le gestionnaire de la réserve peuvent être utilisées.
- Réservation préalable obligatoire en ligne. Venir sans réservation n'est pas autorisé.
- Nombre de bouées limité : neuf bouées pour les unités jusqu'à 10 tonnes et une bouée pour les unités jusqu'à 30 tonnes. La réservation se fait par créneau (journée, nuit, ou 24 heures).
- Tarif : 20 euros par bateau et par jour, plus 2,50 euros par personne.
- Annexes : interdiction de les échouer sur la plage.
- Activités : seuls le canoë et la randonnée palmes-masque-tuba sont autorisés dans la réserve.
- Faune et flore : interdiction de nourrir, prélever, introduire ou manipuler la moindre espèce, vivante ou morte. Les animaux domestiques, chiens compris, sont interdits.
- Drones : survol interdit à moins de 300 mètres.
Le nombre de bouées ayant été réduit pour limiter la pression sur le site, la fréquentation quotidienne est plafonnée autour de deux cents visiteurs. En haute saison, les créneaux partent vite : réservez une dizaine de jours à l'avance, dès que votre itinéraire est calé. Prévoyez aussi de vérifier l'état de votre corps-mort avant de vous y amarrer, et gardez une bouée de signalisation si vous nagez à travers les zones de navigation, comme le prévoit le règlement.
Ce que l'on vient y voir
Le lagon entre les deux îlets, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, est un aquarium naturel : eau turquoise de faible profondeur, tortues, raies et requins-citrons juvéniles qui patrouillent près du platier, parfaitement inoffensifs. À terre, les iguanes des Petites Antilles, espèce protégée, se laissent observer sur le sentier du phare. C'est, pour beaucoup d'équipages, le mouillage le plus fort de la semaine.
Si vous naviguez avec un skipper professionnel ou une formule commerciale, faites confirmer par votre loueur le régime applicable dans la réserve : les conditions d'accès diffèrent de celles du plaisancier privé.
Côte sous le vent et Dominique : jusqu'où pousser la croisière ?
La côte sous le vent de Basse-Terre offre les mouillages les plus calmes de l'archipel ; la Dominique, à une vingtaine de milles des Saintes, est l'extension naturelle pour les équipages expérimentés qui disposent d'une semaine bien pleine.
La côte sous le vent, l'eau plate garantie
Sous le vent du volcan, la mer s'aplatit et le vent tombe par moments : on y navigue au moteur ou sous grand-voile seule, en longeant une côte verte, escarpée, ponctuée de villages de pêcheurs. Les îlets Pigeon et la réserve Cousteau, au large de Malendure, concentrent les plus beaux fonds accessibles depuis un voilier : tombants coralliens, poissons-perroquets, tortues. Les mouillages y sont encadrés, certaines zones sont interdites à l'ancrage pour protéger le corail, et des bouées de plongée sont installées.
Plus au nord, Deshaies est le mouillage préféré des équipages de passage : baie bien protégée, ambiance créole, restaurants au bord de l'eau et jardin botanique à deux pas. C'est aussi la porte de sortie vers Antigua.
La Dominique, l'île nature
Depuis Terre-de-Haut, une vingtaine de milles de canal séparent les Saintes de la Dominique. La traversée s'effectue en bordure d'eaux libres : la mer y est plus formée qu'à l'intérieur de l'archipel, avec un effet d'accélération du vent dans le canal. Prévoyez un départ tôt, un ris de précaution et un équipage aguerri.
Sur place, Portsmouth et l'Indian River, les cascades, les sources chaudes et une nature restée sauvage récompensent l'effort. Attention toutefois : la Dominique est un pays étranger. Documents d'identité valides, formalités d'entrée et de sortie auprès des autorités locales, et surtout vérification du contrat de location, car certains loueurs limitent contractuellement la zone de navigation et interdisent le franchissement des eaux territoriales. Ce point se règle avant le départ, jamais au mouillage.
Quelle est la meilleure saison pour naviguer en Guadeloupe ?
De décembre à avril, en pleine saison sèche, la Guadeloupe offre ses meilleures conditions : alizés réguliers, ciel dégagé, pluies rares et mer maniable. La saison cyclonique court de juin à novembre, avec un maximum de risque d'août à octobre.
Le carême, la fenêtre reine
La saison sèche, que l'on appelle localement le carême, s'étend grossièrement de décembre à avril, voire jusqu'en mai. Les alizés d'est à nord-est soufflent avec constance, les grains sont brefs, l'eau reste chaude et la visibilité sous-marine excellente. C'est aussi la haute saison touristique : les mouillages des Saintes se remplissent, les bouées de Petite-Terre partent vite, et les tarifs de location grimpent.
Les épaules, le bon compromis
Avril, mai et la toute fin de novembre offrent un équilibre intéressant : météo encore favorable, plans d'eau plus tranquilles, tarifs en retrait. Juin fonctionne encore bien pour un programme lent, à condition de suivre la météo de près et d'accepter une part d'aléa.
La saison cyclonique, à ne pas prendre à la légère
De juin à novembre, l'archipel entre dans la saison cyclonique atlantique. Les précipitations s'intensifient d'août à octobre, période où le risque d'ouragan est le plus élevé. Les professionnels recommandent de limiter les traversées sur cette fenêtre, et seuls des navigateurs expérimentés, capables de dérouter et de s'abriter rapidement, devraient envisager une croisière en plein pic. Les contrats de location comportent souvent des clauses spécifiques à cette période : lisez-les.
| Période | Conditions | Fréquentation et prix | Verdict |
|---|---|---|---|
| Décembre à avril | Saison sèche, alizés réguliers, ciel dégagé | Haute saison, mouillages fréquentés, tarifs hauts | La meilleure période pour naviguer |
| Avril à mai | Conditions encore très bonnes, chaleur en hausse | Transition, tarifs en baisse | Excellent compromis météo et budget |
| Juin à juillet | Début de saison cyclonique, humidité en hausse | Basse saison, tarifs bas | Possible avec une veille météo stricte |
| Août à octobre | Pic du risque cyclonique et des pluies | Très basse saison | À éviter pour une croisière de plaisance |
| Novembre | Fin de saison cyclonique, amélioration progressive | Basse saison, reprise en fin de mois | Bon plan en toute fin de mois |
Combien coûte une semaine de croisière en voilier en Guadeloupe en 2026 ?
En 2026, les offres de catamaran sans équipage démarrent autour de 2 700 euros la semaine en basse saison et se situent plutôt entre 4 000 et 4 500 euros, voire davantage, en haute saison. Les unités les plus modestes se trouvent à partir d'environ 1 300 à 1 400 euros la semaine depuis Bas-du-Fort. Ces montants sont des ordres de grandeur relevés sur les plateformes de location, qui affichent souvent en dollars : prenez-les comme des repères de budget, pas comme des tarifs contractuels.
| Poste | Ordre de grandeur 2026 | Remarque |
|---|---|---|
| Voilier ou petite unité, semaine | À partir d'environ 1 300 à 1 400 euros | Offres d'entrée de gamme au départ de Bas-du-Fort |
| Catamaran sans équipage, basse saison | À partir d'environ 2 700 euros la semaine | Mai à novembre |
| Catamaran sans équipage, haute saison | À partir d'environ 4 000 à 4 500 euros la semaine | Décembre à avril, vacances scolaires en tension |
| Location à la journée | Environ 190 à 560 euros par jour | Selon la taille et l'année du bateau |
| Bouée de Petite-Terre | 20 euros par bateau et par jour, plus 2,50 euros par personne | Réservation obligatoire en ligne |
| Skipper professionnel | En supplément, à la journée | Obligatoire si votre expérience ne satisfait pas le loueur |
Les postes que l'on oublie de budgéter
- La caution, souvent élevée sur un catamaran, remplaçable par une assurance rachat de franchise.
- L'avitaillement de la semaine, à faire au supermarché avant l'embarquement plutôt que dans les îles.
- Le carburant et les pleins d'eau, refacturés au retour.
- Les droits de mouillage et taxes de séjour, variables selon les communes et les réserves.
- Le forfait ménage et les extras : annexe hors-bord, kit snorkeling, paddle, wifi à bord.
Bon réflexe de négociation : réserver tôt pour la haute saison, viser les créneaux d'avril et mai pour un rapport météo-prix imbattable, et comparer le coût par cabine plutôt que le coût du bateau. À six ou huit personnes, un catamaran de 45 pieds revient souvent moins cher qu'une semaine d'hôtel équivalente, transport local compris.
Quel niveau faut-il, et faut-il prendre un skipper ?
La Guadeloupe est une destination accessible à un chef de bord ayant déjà navigué en autonomie, mais les loueurs exigent un curriculum nautique crédible : sans expérience récente, on part avec un skipper. C'est moins une contrainte qu'un accélérateur de découverte.
Ce que demandent les loueurs
Pour une location sans équipage, on vous demandera typiquement un curriculum de navigation détaillé (taille des unités menées, zones, milles parcourus, ancienneté), souvent accompagné d'un permis plaisance. En France, la conduite d'un voilier de plaisance ne dépend pas d'un permis, mais le permis côtier reste utile, notamment pour l'annexe motorisée, et rassure le loueur. Chaque société fixe ses propres critères : demandez-les avant de réserver, pas au moment du briefing.
Les compétences réellement mobilisées
- Le mouillage forain, exercice quotidien : lecture des fonds, longueur de chaîne, contrôle du croché.
- La manoeuvre de port et la prise de bouée, souvent par vent établi.
- La lecture des cartes et des amers, notamment à l'approche de Saint-François et des platiers coralliens.
- La météo tropicale : anticiper les grains, comprendre les accélérations de vent dans les canaux entre les îles.
Le skipper, pour qui ?
Prenez un skipper si c'est votre première croisière tropicale, si l'équipage compte des enfants en bas âge, si vous voulez plonger et explorer sans gérer la navigation, ou si votre expérience ne couvre pas les manoeuvres de mouillage. Un bon skipper local vous emmènera aussi là où le guide nautique ne va pas : la crique déserte, l'heure creuse aux Saintes, le bon distillateur à Marie-Galante. Beaucoup d'équipages partent avec skipper la première année, et sans lui la deuxième.
Questions fréquentes
Faut-il réserver le mouillage de Petite-Terre à l'avance ?
Oui, c'est obligatoire. Le mouillage sur ancre est interdit dans la réserve : il faut réserver en ligne l'une des bouées prévues pour les plaisanciers (neuf bouées jusqu'à 10 tonnes, une bouée jusqu'à 30 tonnes), pour un tarif de 20 euros par bateau et par jour, plus 2,50 euros par personne. Le nombre de places étant limité, réservez une dizaine de jours à l'avance, surtout en haute saison.
Quelle est la meilleure période pour une croisière voilier en Guadeloupe ?
De décembre à avril, pendant la saison sèche : alizés réguliers, ciel dégagé, pluies rares. La saison cyclonique s'étend de juin à novembre, avec un pic de risque d'août à octobre, période durant laquelle il est conseillé de limiter les traversées. Avril, mai et la toute fin de novembre offrent le meilleur compromis entre météo et budget.
Combien de jours faut-il pour boucler l'archipel en voilier ?
Sept jours suffisent pour enchaîner Petite-Terre, Marie-Galante, Les Saintes et la côte sous le vent de Basse-Terre, sans navigation supérieure à une vingtaine de milles. Comptez plutôt dix jours si vous souhaitez ajouter la Désirade et pousser jusqu'à la Dominique sans courir.
Peut-on rejoindre la Dominique depuis la Guadeloupe en voilier de location ?
Oui, le canal qui sépare Terre-de-Haut de la Dominique représente une vingtaine de milles, mais la mer y est plus formée qu'à l'intérieur de l'archipel. La Dominique est un pays étranger : documents d'identité valides et formalités d'entrée et de sortie sont nécessaires. Vérifiez surtout votre contrat, car de nombreux loueurs limitent contractuellement la zone de navigation autorisée.
Quel budget prévoir pour une semaine de catamaran en Guadeloupe ?
En ordre de grandeur pour 2026, comptez à partir d'environ 2 700 euros la semaine en basse saison pour un catamaran sans équipage, et plutôt 4 000 à 4 500 euros et au-delà en haute saison. Ajoutez l'avitaillement, le carburant, la caution ou l'assurance rachat de franchise, les droits de mouillage et, le cas échéant, le skipper.



