Oui, les Grenadines sont l'archipel le plus mythique des Caraïbes pour une croisière en voilier, et l'un des rares où l'on enchaîne une île par jour sans jamais naviguer plus de trois heures. On embarque à Saint-Vincent, Bequia ou Union Island, ou l'on descend depuis la Martinique ou Sainte-Lucie. La saison idéale va de décembre à avril, portée par des alizés soutenus de 15 à 25 nœuds, la saison cyclonique atlantique courant officiellement du 1er juin au 30 novembre. Point d'orgue : les Tobago Cays, parc marin protégé par le récif en fer à cheval, où l'on nage avec les tortues vertes. Comptez à partir d'environ 4 500 à 5 000 € la semaine pour un catamaran en haute saison, et prévoyez une seule clearance pour tout Saint-Vincent-et-les-Grenadines.
Pourquoi les Grenadines sont-elles l'archipel de voile le plus mythique des Caraïbes ?
Parce que nulle part ailleurs dans les Antilles on ne trouve autant d'îles différentes concentrées sur si peu de milles. De Bequia à Petit Saint-Vincent, le chapelet s'étire sur une soixantaine de milles nautiques seulement, et pourtant chaque escale change complètement de décor : port baleinier au charme désuet, île privée de milliardaires, plage déserte, lagon de corail vivant.
Les Grenadines cochent toutes les cases de la croisière parfaite :
- Des étapes courtes : la plupart des sauts d'île en île se font en une à trois heures de navigation, souvent au portant ou au petit largue.
- Un vent régulier : les alizés d'est soufflent presque tous les jours de la saison sèche, sans les trous d'air de la Méditerranée.
- Des mouillages exceptionnels : eau à 27 degrés, fonds de sable blanc, visibilité de plusieurs dizaines de mètres.
- Une faune sous-marine intacte dans le parc marin des Tobago Cays, où les tortues vertes broutent l'herbier à quelques mètres du bateau.
- Un archipel accessible uniquement par la mer pour l'essentiel : les plus belles îles n'ont ni aéroport, ni route, ni foule.
C'est aussi un archipel qui se mérite un peu. Les alizés sont soutenus, la houle atlantique s'invite dans les passes, et les formalités douanières entre États demandent un minimum de rigueur. Rien d'insurmontable, mais ce n'est pas une croisière en eaux plates.
D'où partir en croisière aux Grenadines ?
Quatre bases dominent : Saint-Vincent, Bequia, Union Island, et plus au nord la Martinique ou Sainte-Lucie. Le choix dépend surtout du temps dont vous disposez et de votre envie de convoyer.
Saint-Vincent (Blue Lagoon, Kingstown)
C'est la base historique de l'archipel, au nord de la chaîne. On embarque et l'on file plein sud dès le premier après-midi. Avantage : on entre immédiatement dans le vif du sujet, avec Bequia à moins de trois heures. Saint-Vincent est aussi un port d'entrée officiel du pays.
Bequia
La plus séduisante des bases. Admiralty Bay est un immense mouillage naturel, bien abrité, animé, avec chandlerie, avitaillement et restaurants les pieds dans l'eau. Bequia est port d'entrée : on peut y faire sa clearance et repartir dans la foulée. Pour une semaine, c'est un excellent compromis entre confort logistique et proximité des Tobago Cays.
Union Island (Clifton)
La base la plus au sud, à une petite heure de navigation des Tobago Cays. Idéale si vous voulez maximiser le temps passé dans le parc marin et rayonner vers Mayreau, Palm Island et Petit Saint-Vincent. Clifton est également port d'entrée. Attention : l'île a été durement frappée par l'ouragan Beryl le 1er juillet 2024, qui a endommagé ou détruit la quasi-totalité des habitations à Union, Mayreau et Canouan. La reconstruction est en cours, et il est prudent de vérifier auprès de votre loueur l'état exact des services à terre au moment de votre départ.
Descendre depuis la Martinique ou Sainte-Lucie
C'est le choix des marins qui veulent naviguer, pas seulement mouiller. Depuis Le Marin (Martinique) ou Rodney Bay (Sainte-Lucie), on descend en enchaînant Sainte-Lucie, Bequia, puis les Grenadines. La traversée entre Sainte-Lucie et Bequia représente environ 60 milles de plein large, avec de la houle atlantique et des alizés établis : une belle navigation de nuit ou de journée, mais qui mange une bonne partie du budget temps. Comptez au minimum 10 à 15 jours pour un aller-retour confortable depuis la Martinique. Sur 7 jours, mieux vaut embarquer directement dans l'archipel.
| Base de départ | Distance des Tobago Cays | Durée conseillée | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Union Island (Clifton) | Environ 4 milles | 7 jours | Maximiser le parc marin |
| Bequia | Environ 25 milles | 7 jours | Le meilleur compromis |
| Saint-Vincent | Environ 35 milles | 7 à 10 jours | Boucle classique nord-sud |
| Sainte-Lucie (Rodney Bay) | Environ 100 milles | 10 à 14 jours | Marins motivés |
| Martinique (Le Marin) | Environ 125 milles | 14 jours | Vraie croisière hauturière côtière |
Quel itinéraire de 7 jours suivre aux Grenadines ?
Le meilleur itinéraire de 7 jours descend l'archipel du nord au sud, de Bequia à Petit Saint-Vincent, avec deux nuits aux Tobago Cays. On profite ainsi des alizés d'est au portant ou au bon plein sur presque toutes les étapes, et l'on garde le plus beau pour le milieu de semaine.
| Jour | Étape | Navigation | À vivre |
|---|---|---|---|
| 1 | Saint-Vincent vers Bequia | Environ 9 milles, 2 à 3 h | Embarquement, mouillage à Admiralty Bay, avitaillement, dîner à Port Elizabeth |
| 2 | Bequia vers Mustique | Environ 9 milles, 2 h | Bouées obligatoires à Britannia Bay, île privée, tortues et sentiers, ambiance très codifiée |
| 3 | Mustique vers Canouan | Environ 12 milles, 2 à 3 h | Charlestown Bay, plages, marina, ravitaillement |
| 4 | Canouan vers les Tobago Cays | Environ 8 milles, 2 h | Entrée dans le parc marin, mouillage derrière le Horseshoe Reef, snorkeling avec les tortues |
| 5 | Journée aux Tobago Cays | Escale | Petit Tabac, Baradal, barbecue de langouste sur la plage, coucher de soleil sur le récif |
| 6 | Tobago Cays vers Mayreau puis Union Island | Environ 3 puis 4 milles, 1 à 2 h | Salt Whistle Bay, montée au village de Mayreau, puis Clifton et son récif |
| 7 | Union vers Petit Saint-Vincent, retour base | Environ 5 milles puis remontée | Mouillage de PSV, dernière baignade, remontée au vent vers la base |
La règle d'or : descendre tôt, remonter progressivement
Comme les alizés viennent de l'est et légèrement du nord-est, la descente vers le sud se fait au portant, la remontée au près. Beaucoup d'équipages sous-estiment le retour : remonter de Union Island à Saint-Vincent au près dans 20 nœuds et une mer formée, c'est une journée entière de navigation musclée. Gardez une marge d'une demi-journée et n'attendez pas le dernier matin pour remonter.
La variante Mustique
Mustique est une île privée. Le mouillage sur ancre y est interdit : il faut prendre une bouée payante, réservée auprès de la Mustique Company, et les tarifs sont nettement plus élevés qu'ailleurs dans l'archipel. Certains équipages préfèrent sauter l'escale et filer directement de Bequia à Canouan ou aux Tobago Cays. C'est un choix parfaitement défendable si vous privilégiez la nature à la curiosité mondaine.
Les Tobago Cays : que faut-il savoir avant d'y mouiller ?
Les Tobago Cays sont cinq îlots inhabités protégés par le Horseshoe Reef, un récif corallien en fer à cheval qui casse la houle atlantique et transforme le lagon en piscine turquoise. C'est le point d'orgue absolu de toute croisière aux Grenadines, et l'un des plus beaux mouillages du monde : vous êtes ancré en pleine mer, sans terre au vent, protégé uniquement par une barrière de corail affleurante.
Les cinq îlots
- Baradal : le sanctuaire des tortues, avec un herbier balisé où l'on nage au milieu des tortues vertes.
- Petit Bateau et Petit Rameau : les deux plus grands, reliés par un banc de sable, avec les plages où se tiennent les barbecues de langouste.
- Jamesby : le plus petit, sauvage et couvert de végétation basse.
- Petit Tabac : l'îlot le plus à l'est, à l'extérieur du récif, cerné de cocotiers, connu pour avoir servi de décor de cinéma.
Les frais du parc marin
Le parc est géré par la Tobago Cays Marine Park Authority, et l'accès est payant. Les rangers passent en barque au mouillage pour encaisser. Tarifs de référence, à confirmer sur place car ils évoluent :
| Poste | Tarif indicatif | Détail |
|---|---|---|
| Droit d'entrée | Environ 15 XCD par personne | Par tranche de 24 heures dans la zone protégée |
| Bouée de corps-mort | Environ 60 XCD par 24 heures | Environ 70 bouées gérées par les rangers, plus une vingtaine pour les annexes |
| Mouillage sur ancre | Équivalent au tarif de bouée | Aucune économie à mouiller plutôt qu'à prendre une bouée |
Le XCD est le dollar des Caraïbes orientales, arrimé au dollar américain. Prévoyez du liquide : le paiement en espèces reste la norme au mouillage, même si un système de paiement en ligne existe désormais.
Les règles à respecter absolument
- Interdiction de pêcher dans le parc, sous quelque forme que ce soit.
- Interdiction de mouiller sur le corail ou l'herbier : on prend une bouée, ou on ancre dans une zone de sable clairement identifiée.
- Interdiction de prélever coraux, coquillages ou toute vie marine.
- Vitesse limitée à 5 nœuds dans le parc, annexes comprises.
- Aucun rejet d'eaux usées, et pas d'animaux domestiques à terre.
- Ne pas toucher les tortues ni leur barrer la route quand elles remontent respirer.
Le Horseshoe Reef affleure. On entre dans les Tobago Cays avec le soleil dans le dos, en lecture d'eau, jamais au crépuscule ni face au soleil couchant.
La zone est ventée et le clapot y est présent en permanence, car rien n'arrête l'alizé : le lagon est plat, mais le bateau danse. Mouillez avec une longueur de chaîne généreuse si vous êtes sur ancre, et vérifiez votre croche avant d'aller vous baigner.
Quelle est la meilleure saison pour naviguer aux Grenadines ?
La meilleure saison va de décembre à avril : c'est la saison sèche, celle des alizés établis et du beau temps stable. Le ciel est dégagé, les grains sont brefs, l'eau tourne autour de 27 degrés et le vent souffle d'est ou d'est-nord-est de manière remarquablement régulière.
Les alizés, moteur de la croisière
Les alizés sont le grand privilège des Grenadines. Ils soufflent presque tous les jours de la saison sèche, en général entre 15 et 25 nœuds, avec des renforcements notables en janvier et février, où les rafales peuvent dépasser les 30 nœuds. C'est un vent qui porte, mais qui ne pardonne pas l'improvisation : on prend un ris tôt, on vérifie ses mouillages, on ne traîne pas dans les passes entre les îles où le vent accélère et où le courant vient contrarier la houle.
La saison cyclonique
La saison cyclonique atlantique court officiellement du 1er juin au 30 novembre. Les mois de juillet à octobre sont statistiquement les plus actifs. L'ouragan Beryl, qui a frappé les Grenadines le 1er juillet 2024 avec des vents de plus de 240 km/h et endommagé plus de 90 pour cent des habitations de Union, Mayreau et Canouan, rappelle que le risque n'est pas théorique. La plupart des loueurs ferment ou restreignent leurs flottes pendant cette période. Ne planifiez pas une croisière de plaisance aux Grenadines entre juin et novembre.
| Période | Vent | Météo | Verdict |
|---|---|---|---|
| Décembre | Alizés de 15 à 20 nœuds | Sec, ensoleillé | Excellent, début de haute saison |
| Janvier et février | Alizés soutenus, 20 à 25 nœuds et rafales | Sec, très stable | Le vent le plus fort, réservé aux équipages à l'aise |
| Mars et avril | Alizés de 15 à 20 nœuds | Sec, chaud | La meilleure fenêtre, vent plus doux |
| Mai | Alizés qui faiblissent | Premiers grains | Correct, moins fréquenté, tarifs en baisse |
| Juin à novembre | Variable | Saison cyclonique et humide | À éviter |
Le meilleur compromis : mars et avril. Vous gardez le soleil et l'alizé, mais avec un vent un cran en dessous des pointes de janvier, et une fréquentation qui redescend après les fêtes.
Quel niveau faut-il pour naviguer aux Grenadines ?
Un niveau intermédiaire solide est nécessaire : les Grenadines ne sont pas une destination de première location. La navigation y est objectivement facile sur le papier (étapes courtes, îles en vue, pas de brume, pas de marée notable) mais trois facteurs relèvent le niveau d'exigence.
Les trois difficultés réelles
- Des alizés soutenus en permanence. Entre 20 et 25 nœuds établis, avec des rafales, le bateau est vite surtoilé. Il faut savoir réduire vite et bien, et être à l'aise à la barre dans du vent réel.
- La houle atlantique dans les canaux. Entre les îles, rien ne protège : la mer se forme, le vent accélère par effet de compression, et les traversées peuvent être humides et physiques, surtout au retour, au près.
- Le mouillage sur ancre par vent fort. C'est la compétence clé. On mouille sur sable, on cale une longueur de chaîne suffisante, on vérifie la tenue en marche arrière, et on garde un œil sur la dérape. Un mouillage qui décroche la nuit dans 25 nœuds, avec un récif sous le vent, c'est le vrai risque de la zone.
La navigation à vue
Les Grenadines se naviguent beaucoup en lecture d'eau. Les patates de corail, les hauts-fonds et le Horseshoe Reef se lisent à la couleur : bleu foncé pour le profond, turquoise pour le sable, marron ou vert sombre pour le corail. Naviguez soleil dans le dos, entre 10 h et 15 h, avec quelqu'un dans les haubans pour les approches délicates. Ne rentrez jamais dans un lagon corallien en fin de journée.
Si votre expérience est limitée, prenez un skipper. C'est la meilleure décision possible pour une première croisière dans l'archipel : il connaît les passes, les mouillages qui tiennent, les rangers, les commerçants, et il vous laissera barrer bien plus que vous ne l'imaginez.
Quelles sont les formalités douanières entre les îles ?
C'est le point pratique le plus important, et celui que les équipages négligent le plus. Les Grenadines ne forment pas un espace unique : elles appartiennent à plusieurs États souverains, et chaque frontière traversée impose une clearance.
La bonne nouvelle : une seule clearance pour tout Saint-Vincent-et-les-Grenadines
Bequia, Mustique, Canouan, Mayreau, les Tobago Cays, Union Island et Petit Saint-Vincent font tous partie du même pays : Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Vous faites donc une seule entrée et une seule sortie pour l'ensemble de l'archipel, pas une formalité par île. Les ports d'entrée officiels sont notamment Kingstown et les autres points d'entrée de Saint-Vincent, Port Elizabeth à Bequia, Mustique, Canouan et Clifton à Union Island.
La règle absolue
Un voilier qui entre dans les eaux de Saint-Vincent-et-les-Grenadines doit rejoindre directement un port d'entrée avant de mouiller ailleurs. Impossible, donc, de s'arrêter aux Tobago Cays en venant de Sainte-Lucie sans être passé par Bequia, Canouan ou Clifton. Les rangers du parc contrôlent, et l'amende est salée.
Ce qu'il faut préparer
- Passeports en cours de validité pour tout l'équipage. Les cartes d'identité ne sont pas acceptées.
- Le certificat de francisation ou d'immatriculation du bateau, ou le document du loueur.
- Une liste d'équipage, en plusieurs exemplaires.
- La clearance de sortie du pays précédent.
- Des espèces en XCD (dollar des Caraïbes orientales). Les bureaux n'acceptent pas toujours les euros ni la carte.
Seul le capitaine se présente aux autorités, avec l'ensemble des passeports. Comptez une taxe de séjour type cruise tax d'environ 35 XCD par personne de plus de 12 ans, mensuelle et renouvelable, en plus des droits d'entrée du navire.
Si vous descendez de Martinique ou de Sainte-Lucie
Attention, ce sont trois pays différents. La Martinique est française et européenne : la clearance se fait gratuitement, souvent sur une borne informatique chez un shipchandler ou au bureau des douanes du Marin. Sainte-Lucie est un État indépendant : entrée et sortie payantes, en XCD, à Rodney Bay, Castries, Marigot ou Soufrière, autour de 40 XCD à Rodney Bay. Saint-Vincent-et-les-Grenadines est un troisième État. Sur un aller-retour Martinique vers Grenadines, vous multiplierez donc les formalités : prévoyez du temps, du liquide et de la patience.
Faites votre clearance de sortie le dernier jour, pas la veille : la plupart des administrations exigent que vous quittiez le pays dans les 24 heures suivant la sortie.
Combien coûte une croisière aux Grenadines en 2026 ?
Comptez environ 4 500 à 5 000 € la semaine pour la location d'un catamaran en haute saison 2026, hors extras. Le budget réel d'une croisière aux Grenadines dépasse toutefois nettement le seul prix du bateau : les vols long-courriers, les taxes locales et l'avitaillement pèsent lourd.
Le bateau
- Catamaran en location coque nue (4 cabines et plus) : la semaine se situe le plus souvent autour de 4 500 à 6 500 € en haute saison, davantage pour les modèles récents de plus de 45 pieds.
- Voilier monocoque : sensiblement moins cher, mais moins confortable au mouillage dans le clapot permanent de l'archipel.
- Catamaran avec équipage : la formule tout compris grimpe très vite et peut dépasser 15 000 € la semaine pour les unités haut de gamme.
- Skipper professionnel : à ajouter au tarif coque nue, avec sa cabine et sa nourriture.
Les extras à ne pas oublier
| Poste | Ordre de grandeur | Remarque |
|---|---|---|
| Vols vers l'archipel | Le poste le plus lourd hors bateau | Escale quasi systématique dans les Antilles |
| Caisse de bord | Avitaillement et carburant | Les produits importés sont chers sur les petites îles |
| Clearances et taxes | Plusieurs dizaines de XCD par personne et par pays | Prévoir des espèces |
| Parc des Tobago Cays | Environ 15 XCD par personne et 60 XCD par bouée et par 24 h | À multiplier par le nombre de nuits |
| Bouées de Mustique | Nettement plus cher qu'ailleurs | Mouillage sur ancre interdit |
| Barbecues de langouste | Une belle dépense, un souvenir inoubliable | Négociez avec les boat boys la veille |
Astuces budget
- Naviguez en mai : les alizés faiblissent, les tarifs baissent et l'archipel se vide, avant l'ouverture de la saison cyclonique.
- Avitaillez à Bequia ou à Saint-Vincent, où les prix sont plus bas que sur les petites îles du sud.
- Remplissez le bateau : à 8 personnes sur un catamaran de 45 pieds, la semaine de location descend souvent sous les 700 € par personne.
- Emportez du liquide en XCD ou en dollars américains : les distributeurs sont rares et les commissions élevées.
Voilier ou catamaran aux Grenadines : que choisir ?
Le catamaran est le choix majoritaire aux Grenadines, et il se justifie pleinement. Non par confort de luxe, mais pour une raison très concrète : le mouillage. Dans un archipel où l'on passe toutes ses nuits sur ancre, exposé à un alizé qui ne faiblit jamais et à un clapot permanent, la stabilité d'un catamaran change radicalement la qualité du séjour.
Les arguments du catamaran
- Stabilité au mouillage : pas de roulis, sommeil préservé, repas civilisés.
- Faible tirant d'eau : précieux dans un archipel corallien, notamment aux Tobago Cays et à Salt Whistle Bay.
- Espace de vie : cockpit, trampoline et carré ouverts sur l'extérieur, ce qui compte sous les tropiques.
- Confort au portant, qui est justement l'allure dominante de la descente vers le sud.
Les arguments du monocoque
- Le prix : nettement plus abordable à taille équivalente.
- Le comportement au près : la remontée au vent vers la base est plus efficace et moins tapante.
- La sensation de voile, pour ceux qui viennent d'abord naviguer.
Trois derniers conseils avant d'embarquer
- Vérifiez le mouillage à la prise en main : longueur de chaîne, marquage, état du guindeau, ancre de secours. C'est l'équipement vital de la zone.
- Faites de l'eau dès que possible. Sur les petites îles, l'eau douce est une ressource rare et chère. Un dessalinisateur est un vrai plus.
- Jouez le jeu local. Les boat boys viennent proposer bouées, glace, pain, langoustes. Accueillez-les avec courtoisie, annoncez clairement ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas, et convenez du prix avant. C'est la culture de l'archipel, et c'est souvent par eux que passent les meilleurs souvenirs de la semaine.
Questions fréquentes
Combien coûte l'entrée dans le parc marin des Tobago Cays ?
Comptez environ 15 XCD par personne et par tranche de 24 heures pour le droit d'entrée dans la zone protégée, auxquels s'ajoutent environ 60 XCD par 24 heures pour une bouée de corps-mort. Le mouillage sur ancre est désormais facturé au même tarif que la bouée : il n'y a donc aucune économie à ancrer. Les rangers passent encaisser directement au mouillage, prévoyez des espèces en dollars des Caraïbes orientales. Les tarifs évoluent, vérifiez-les à l'arrivée.
Faut-il faire une clearance sur chaque île des Grenadines ?
Non. Bequia, Mustique, Canouan, Mayreau, les Tobago Cays, Union Island et Petit Saint-Vincent appartiennent toutes au même pays, Saint-Vincent-et-les-Grenadines : une seule entrée et une seule sortie suffisent pour l'ensemble de l'archipel. En revanche, si vous descendez de Martinique ou de Sainte-Lucie, ce sont des États différents, avec chacun leur clearance. Et attention : en arrivant dans les eaux de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, vous devez rejoindre directement un port d'entrée avant tout autre mouillage.
Quelle est la meilleure période pour une croisière aux Grenadines ?
De décembre à avril, pendant la saison sèche portée par les alizés. Mars et avril offrent le meilleur compromis : soleil, vent régulier de 15 à 20 nœuds et moins de monde qu'aux fêtes. Janvier et février sont les mois les plus ventés, avec des alizés de 20 à 25 nœuds et des rafales au-delà. Évitez la période du 1er juin au 30 novembre, qui correspond à la saison cyclonique atlantique officielle.
Les Grenadines conviennent-elles à des débutants en voile ?
Pas en location coque nue. Les étapes sont courtes et les îles toujours en vue, mais les alizés soufflent fort en permanence, la houle atlantique traverse les canaux entre les îles, et la zone impose une vraie maîtrise du mouillage sur ancre par vent établi, avec du corail sous le vent. Pour une première croisière dans l'archipel, prenez un skipper : il connaît les passes, les mouillages qui tiennent et les usages locaux, et vous barrerez beaucoup malgré tout.
Peut-on rejoindre les Grenadines en voilier depuis la Martinique ?
Oui, c'est une descente classique, mais elle demande du temps. Il faut compter environ 125 milles depuis Le Marin jusqu'aux Tobago Cays, avec une traversée de plein large d'une soixantaine de milles entre Sainte-Lucie et Bequia, dans les alizés et la houle atlantique. Prévoyez au minimum 10 à 15 jours pour un aller-retour confortable, et trois clearances différentes (Martinique, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines). Sur une semaine, embarquez directement à Saint-Vincent, Bequia ou Union Island.



